Industrie du futur : les données sur le chemin critique – Partie 3

Plateformes industrielles, plateformes logicielles ou plateformes de données indépendantes ? La clé de l’industrie du futur jusqu’au jumeau numérique dans un marché en pleine transformation

Industrie du futur : les données sur le chemin critique – Partie 3

Le présent article constitue la dernière partie d’une série de trois articles sur l’industrie du futur et la manière dont les données vont jouer un rôle majeur dans la transformation des entreprises de ce secteur.

Vous avez manqué les épisodes précédents ? C’est par ici : partie 1partie 2.

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Le bénéfice et les limites des SCADAs

Qu’il s’agisse de l’optimisation du fonctionnement des systèmes intégrés dans des systèmes de production et de maintenance, ou de création de nouveaux services telle que décrite dans la partie précédente, il devient incontournable de favoriser les échanges de données ente les machines et les systèmes techniques d’une part et les systèmes d’information d’autre part. C’est le chaînon manquant entre l’OT (Operation Technology) et l’IT (Information Technology) développé dans la première partie.

Dans le cas de la maintenance, il faut notamment faire le lien avec la GMAO (Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur) intégrée à l’ERP, gestion d’actifs y compris la gestion des investissements et de leurs amortissements. Pour ce qui est de la création de nouveaux services clients, le changement pourrait être beaucoup plus profond avec la nécessité de développer des interactions opérationnelles, en termes de production et de facturation, entre un fournisseur et un client. Dans tous les cas, se pose la question de l’intégration horizontale et verticale des systèmes, thème qui est l’un des piliers incontournables de l’Industrie 4.0.

Il existe trois options pour viser une telle intégration.

Option 1 : les offres intégrées des grands acteurs de l’industrie

La première consiste à faire appel aux acteurs industriels du marché des SCADAs et plus globalement de la gestion des automatismes dans l’industrie. Ces acteurs proposent des plateformes de traitement des données avec des applications métiers. On retrouve notamment ici les grands acteurs comme Siemens, Schneider Electric, ABB, GE, Bosch pour ne citer que les plus emblématiques en Europe.

Ces industriels ont bien compris l’enjeu de la maîtrise des plateformes de données pour assurer le contrôle de tout ce qui se passe, tant dans une usine que sur l’ensemble du processus de production vers un client. 

Pour autant, les SCADAs sont souvent vus comme des systèmes relativement fermés malgré les avancées de la standardisation des interfaces. Ces derniers offrent des accès aux données. Mais, ces données résultent souvent d’un traitement ou d’un formatage particulier. Par ailleurs, à l’image des grands acteurs du cloud pour les systèmes d’information, le choix d’un tel système de gestion de données tel que proposé par les grands acteurs constitue généralement un aller simple. Il y a une telle complexité dans l’imbrication des composants logiciels et des systèmes techniques qu’il est alors très difficile, voire impossible, de faire marche arrière pour envisager de changer de fournisseur.

Option 2 : Les plateformes logicielles pour l’industrie

La deuxième option est de faire appel à des éditeurs de solutions spécialisés dans le traitement de données industrielles qui ont développé des solutions métiers adaptées aux différents secteurs industriels. Ils savent s’interfacer aux différents types de SCADAs. Les solutions les plus connues du marché sont OSISoft, PCVue et, dans une certaine mesure, PTC. S’y ajoutent des acteurs plus globaux comme Microsoft, IBM, Oracle … qui proposent leurs propres solutions.

Il est à noter que OSIsoft a été racheté en 2021 par Aveva, la filiale numérique de Schneider Electric pour un montant de 5 milliards de dollars. Cela témoigne de l’enjeu stratégique de ce positionnement sur le marché avec un positionnement qui, par la mise en avant d’une marque différente de la maison mère, se positionne en concurrence directe des grands acteurs du numérique.

Option 3 : Les plateformes de données indépendantes

La troisième option consiste à récupérer directement les données de l’ensemble des capteurs et de les conserver dans un data historian indépendant. Cela suppose de se donner les moyens de récupérer les données brutes à la source et de disposer d’une solution technologique performante pour traiter ce type de données.  

SenX, avec Warp 10, répond précisément à ce besoin avec une offre Warp 10 Edge. Cette offre peut être proposée au niveau des équipements afin de constituer un data historian local, et avec une solution Warp 10 centralisée, qui permet de centraliser et d’historiser les données sur une longue durée.

Reste à développer les interfaces avec le système d’information et des applications qui sachent tirer profit au bénéfice des métiers. C’est dans cette voie que s’engage désormais SenX avec la création d’imensi qui devra répondre aux besoins des industriels avec des solutions adaptées à leurs attentes métiers.

Avantages et inconvénients

Comme elle s’affranchit d’une logique de systèmes fermés, la troisième option va laisser la plus grande liberté d’agir à l’industriel. En effet, elle met surtout en valeur l’importance pour les entreprises de conserver et de stocker les données brutes, qui sont leur véritable actif, notamment dans l’industrie. 

On peut présenter les trois options sous la forme suivante. Il s’agit d’une présentation naturellement simplifiée qui devrait être adaptée au cas par cas, aux offres des différents acteurs du marché.

Tableau présentant les différentes caractéristiques pour chacune des trois options pour tendre vers l'industrie du futur

Entre ces trois options, le choix est celui du positionnement d’un curseur entre :

  • d’une part, une sorte de partenariat avec un grand acteur de l’informatique industrielle et/ou des automatismes qui prend en charge tout ce nouvel environnement numérique de l’industrie 4.0 avec sa complexité dans laquelle l’industriel ne souhaite pas s’impliquer directement parce qu’il considère qu’il n’a pas les compétences et que ce n’est pas son métier ;
  • d’autre part, un engagement assumé de l’entreprise de prendre en main l’intégration de solutions indépendantes. Un tel choix garanti une maîtrise technique tout en préservant une capacité à développer des services clients sans devoir dépendre des contraintes commerciales, voire juridiques, d’un tiers que serait le fournisseur de la solution de plateforme de données. 

Conserver les données brutes

Le positionnement de SenX est et restera de faciliter l’exploitation de l’historique des données brutes sans restriction. Les données sont de plus en plus présentées comme un véritable actif pour l’entreprise. En vérité, s’il est bien un actif intangible, ce sont les données brutes.

Combien de cas pouvons-nous rencontrer des entreprises qui regrettent d’avoir, pour de bonnes raisons, nettoyé les données avant de les stocker alors même que la méthode ou l’algorithme de nettoyage n’a pas été conservé ? On peut ajouter que celui qui a fait le nettoyage a, dans la plupart des cas, quitté l’entreprise. Les techniques évoluent, les personnes et les méthodes changent et les applications se multiplient. Ce qui peut apparaître comme un nettoyage opportun à un moment donné pour un usage particulier peut être ensuite perçu comme dommageable. Il faut impérativement conserver les données brutes.

Warp 10 privilégie une telle démarche qui est la constitution d’historians de données brutes qui soient indépendants des applications pour mieux les servir au gré de leur évolution et de la multiplication des usages au fil du temps. Et c’est bien ce qui attend la chaîne de valeur et son évolution au sens de l’industrie du futur. 

Cette troisième option qui est celle d’une infrastructure de données indépendante n’est pas exclusive. Elle va dans de nombreux cas se combiner aux autres options. Tout simplement parce que les machines et les systèmes ont leur histoire et qu’il ne faut pas, dans des contextes industriels contraints, être conduit à faire table rase de ce qui existe. Il faut au contraire en être très respectueux en tenant compte du savoir-faire et de l’expérience des équipes sur les systèmes qu’ils maîtrisent. Les fournisseurs de SCADAs tout comme les éditeurs de plateformes de données industrielles vont être aussi conduits à faciliter, de plus en plus, l’accès à leurs données. Warp 10 s’inscrit totalement dans une perspective d’interaction et donc d’interopérabilité avec les plateformes industrielles. SenX a de ce point de vue vocation à travailler en partenariat avec ces acteurs dans cette perspective.

Le jumeau numérique, le nouvel enjeu des années à venir sur le traitement des données dans l’industrie du futur.

L’ensemble des capteurs permet de recueillir les données permettant de comprendre le comportement d’un système ou d’une machine.

Avec ses facilités de stockage et d’analyse des données de capteurs, Warp 10 dessine un jumeau numérique de chaque équipement. Nous consacrerons prochainement un article plus spécifique sur ce sujet, qui dépasse le seul secteur de l’industrie.

Le fonctionnement en temps réel d’un équipement peut alors être historisé, analysé, appris, reproduit …  On peut alors imaginer toutes sortes d’applications pour la formation, la maintenance ou la simulation en y associant des outils de visualisation ou encore de réalité virtuelle. 

Il permet aussi de réitérer des situations particulières ou encore simuler le comportement du système face à des situations aussi diverses que possible.

Le jumeau numérique de la pompe de Someflu, un exemple d'industrie du futur

Tous les grands acteurs déjà cités, auxquels s’ajoutent des éditeurs tels que Dassault Systèmes, Adobe, SAP et bien d’autres, entendent miser sur ce nouveau segment. Selon Grand View Research, ce marché, bien qu’émergent, pourrait atteindre plus de 40 milliards de dollars en 2026 (et plus de 100 milliards en 2028 selon Emergen Research) avec une croissance de plus de 40 %.

Un marché stratégique

Avec un chiffre d’affaires annuel entre 400 et 700 milliards de dollars selon le périmètre retenu et avec une croissance continue autour de 15 %, le marché de l’industrie du futur est prometteur. Mais, au-delà  de sa simple valeur, il s’agit d’un enjeu particulièrement stratégique pour les industries qui vont connaître une profonde transformation, de leurs méthodes de travail à la remise en cause de leur modèle économique.

Que l’industriel le veuille ou non, qu’il considère ou non ce sujet comme faisant partie de son métier, la maîtrise et le contrôle des données auront des conséquences sur la stratégie de chaque entreprise de ce secteur. La donnée dévient le fil conducteur des questions que chaque entreprise se pose : Comment faciliter l’acquisition de nouveaux clients ? Comment mieux développer le chiffre d’affaires récurrent avec mes clients ? Comment consolider mes positions chez mes clients par rapport à mes concurrents ? 

Chaque entreprise dans l’industrie est en fait le maillon d’une chaîne dans laquelle les fournisseurs des uns comme les clients des autres entend mieux contrôler l’amont en matière d’approvisionnement et l’aval jusqu’au client final.

En illustration de cette tendance, on peut citer l’exemple de l’avion, avec un constructeur de moteur qui souhaite conserver la maîtrise de toutes ses données. Mais c’est aussi l’objectif de l’avionneur qui entend récupérer toutes les données du moteur et se libérer d’une partie du poids important des coûts de maintenance. La compagnie aérienne est tout autant dans cette même logique en ne souhaitant pas être dépendante de l’avionneur pour le suivi et la maintenance de sa flotte. Sans compter les loueurs qui ont eux aussi des objectifs de même nature. À ce jour, les avionneurs ont pris une longueur d’avance sur les autres acteurs de la chaîne en termes de maîtrise des données, ce qui n’est pas sans conséquence sur les relations entre eux.

Un industriel qui, demain, ne maîtriserait pas ses données, risquerait de laisser le contrôle de ses produits ou de ses services à un autre acteur de la chaîne de valeur, fournisseur, client ou un fournisseur tiers. C’est le risque de commoditisation où il ne reste plus finalement qu’à se battre sur le prix contre d’autres concurrents dans la même position.

Avec imensi, SenX entend précisément participer à cette transformation des entreprises industrielles :

  • À SenX, la technologie de traitement local et/ou centralisé des données avec la facilité et la puissance d’analyse de Warp 10.
  • À imensi, une offre de valeur tournée vers la mise en œuvre de Warp 10 dans des outils métiers, vers des échanges avec les systèmes d’information et vers des services à destination des utilisateurs finaux.

C’est bien cette dualité qui, pouvant être mise en œuvre de manière modulaire, est pour nous la clé de la maîtrise des données des entreprises industrielles que nous accompagnerons dans leur transformation.

SenX vous accompagne dans vos projets de valorisation de vos données industrielles. Contactez-nous pour en discuter.

Découvrez les différentes étapes de maturité de l’industrie du futur dans la vidéo ci-dessous.